La Troupe s’appelle « Ça cloche dans ma caboche » Nous avons interviewé la metteure en scène, Pascale Roger-McKeever avec deux des comédiens dans la pièce, Noémie Joly et Janic Godin, la semaine passée à « Trois Beaux Canards ». Je souligne que ces gens-là travaillent pour le plaisir de faire du théâtre, au bonheur de la communauté francophone. La mise en scène a été faite par Pascale et son assistant était Ryan Doucette. La scénographie, les costumes, la chorégraphie ont été assurés par Lisa Cochrane, qui vend des vêtements en coton et laine recyclés au marché à Halifax le samedi. Sur scène… la disposition efficace et souvent rythmée d’une vingtaine de pneus d’auto permet de changer les contours de la scène constamment, en cachant et dévoilant les personnages….
J’ai assisté à toute une expérience théâtrale mardi dernier au théâtre Neptune. Et pas seulement parce que la représentation a été interrompue par une alerte d’incendie vingt minutes après le début. Oui, il a fallu attendre presqu’une heure avant de pouvoir recommencer. Les comédiens et d’autres ont pris refuge au bar Economy Shoe Shop.
Il s’agit des *Quatre morts de Marie*, l’histoire d’une jeune fille qui a beaucoup de rêves, rêves qui vont devoir s’adapter aux fameuses « réalités » de la vie. Elle est décevante parfois, cette vie, mais des rencontres inattendues et des moments de beauté qui ont lieu dans le quotidien ont leurs charmes. Marie « meurt » 4 fois dans un sens figuré, et pour employer les mots de Fréchette, « de tristesse, de rébellion, d’absurdité et de solitude ».
Soit dit en passant, la grande raison d’être du théâtre doit être ça. Faire vivre au public une expérience unique qui permet de voir la vie d’une nouvelle perspective. La troupe a su créer la même sorte de mélange souvent déroutant de voix tantôt joyeuses tantôt tristes ou déçues qu’avec leur première production des Sept Jours de Simon Labrosse, une autre pièce de Fréchette. Un élément qui contribue à l’expérience privilégiée du spectateur, ce sont les accents des différents comédiens, soit français, soit acadiens, soit anglophones. Mais, ce qui ajoute à une sorte de cacophonie joyeuse, c’est aussi que le même personnage peut être joué par différents comédiens. Mais toujours l’habile mise-en-scène permet de reconnaître le personnage en question, grâce à un vêtement ou un geste semblable.
La pièce est géniale, chapeau! Je conclus que le travail de Carole Fréchette et « Ça cloche dans ma caboche » vont très bien ensemble!
(Larry Steele, co-animateur de « Trois Beaux Canards » )