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wâgine : du mot anglais wagon, genre de voiture d'autrefois
wailer : frapper avec force et rage
well-off :: à l'aise financièrement
wéyâge : voyage, cargaison
wheel : bicycle
wij’ter : tricher
wirerage : l'ensemble de fils électriques
woisinage : voisinage
yarner : conter des histoires
yarns ou yarner : histoires ou conter des histoires
yelle : elle
yeu' : leur
yinque : seulement
yon : un
yon : un
yoùsque : d’où
yoùsqu'i' : où ils
zeusses : sourcils
zire, zirable : répugnant
zirouse : avoir du dédain
z-'itanies : litaniestailler : se sauver en grande vitesse
tamarin : tire, bonbon au vinaigre
tambour : chambre où l’on se déchausse en entrant dans une maison
tapée : bande, beaucoup
taps : robinets
tarve : mince
tarzer : être tard
tatchet : petite bloc de bois pour tenir une porte fermée
taweille : indienne
tchâ (d’encens) : mâchée de gomme
tchâ : saleté
tchai : quai
tchain de ces soirs : un de ces soirs
tchaude à la morue : genre de soupe
tchête : quête, collecte à l'église
tcheu coup : beaucoup
tcheu tchon : chaque
tcheue gône : quelle vitesse
tcheues d’poêlouonnes : têtards
tcheuillette : cueillette
tcheul : quel
tcheuques : quelques
tcheuqu'on ou tcheute-zonne : quelqu'un
tchinde : tenir
tchinde à gône : tenir à aller
tchinde école : être enseignant (te)
tchinde : tenir
tchins : tiens
tchinze : quinze
tchinze sous (un) : un vingt-cinq sous
tchoeur : coeur
tchoeur à son ou tchoeur flaq'se : brûlement d'estomac
tchoeureuse : oser, avoir le courage de faire quelque chose
tchu bas de terre : de courte hauteur
tchu coudu : désappointé
tchuillére : cuillère
tchuire : cuire
tchulottes : culottes
ted-ban : peut-être
terrir : arriver
tête de pioche : un qui n’est pas trop intelligent
tetouche : suçon de bébé
tignasse : touffe de cheveux mêlés
timbé, tumbé : tombé
tintamarre : fête ou activité bruyante
tirer la vache : traire la vache
titchette ou sitchette (faire de quoi à la…) : empressé
tôle : tuyau de poêle.
tonde : amadou, herbage sec trouvé dans un nid d’écureuil
tonnes : tiens
torteau : gâteau
trache : du mot anglais trash
train d’grange : travaux d’un fermier, comme traire les vaches et donner à manger aux bétails
train de grange : le travail d'un fermier alentour de sa grange
train ou tronne : bruit
traîne : traîneau
transi : gelé jusqu’aux os
trantchuil : tranquil
traveller (du mot anglais travel) : voyager
treuquer : faire un échange
tritchet : criquet
trompe : petite musique à babines
tronne : bruit
troquer : échanger
trounion : le coeur d'une pomme
trousser : lever, comme ses manches de chemises
trouver son centre : trouver la bonne position pour dormir
tumber du haut mal : être épileptique
un petit filabe : presque
user : se servir
va su' poutche : parle avec de la suite
valdrague : désordre
vâlet : un qui aide
varguer (se) d’rire : rire aux éclats
varrure : addition sur une maison
verdasses : gestes
vert de gris : moisissure
veuze : cornemuse
vieux peau d’sac : vieil homme
vigneau : genre de table dont le fet est fait avec du grillage, pour faire sécher le poisson
vigoureux : vaillant, en bonne santé
virouner : tourner d'un bord et là, de l'autre
vitre d'approche : vitre à grossir, loupe
vives (être badré de ses vives) : avoir une mauvaise réaction avec la nourriture que l’on consomme
vornousser : faire un peu de travail
vouter : ôter
vrichtée : beaucoup
vue courte : myopiepalais : dentier
paparasse : beaucoup de papier, de journaux, etc
pardessus barganne : pardessus tout
parer bel : échapper à un malheur
parler solide : parler constamment
parler sur la grosse dent : parler sérieusement
parmi mêle : en désordre
partie pour, en famille ou elle est pleine : enceinte
pas à force : rare
pas en plein :rare
pas la mer à boire (n’être) : pas beaucoup
pas les cars (n’être) : pas beaucoup
pas manquer les points et les virgules : tout dire, rien omettre
passé en doiture : à travers les parcs
passe-droit : peine
pataclin : beaucoup de choses qui ne sont pas nécessaire
patarasse : beaucoup
patchet : paquet ou dans le sens qu’il y en a beaucoup
patine : patène
patins à monture : patins à deux lames
pavillon : drapeau
penâillons : linge usé
penchune (prononcé à l'anglais) : pension
peppermunes : peppermints
pequer (se pequer la tête) : se frapper
perlache : bicarbonate de soude
pesant : cauchemar
petite bière : liqueur comme Coke, Pepsi, etc
petits guerlots : petites patates
petouse : une qui pleure souvent
petraque : une vieille voiture ou vieille bicycle
peuse : pèse
peuser : peser
peust-effice : bureau de poste
piâller : pleurer
pianquer : pleurer, larmes
piarré : ivre
picot de savage : picot noir sur la peau, d'habitude de naisance
pijounner (se) : se guérir
pilot : beaucoup
pitché : pitié
pitchet : petit poteau de bois
plaqueuse : qui fait des grandeurs
plasteurs : pansements
platchier : platier, endroit plat au bord du rivage
plates-bières : petis fruits
platonne : terrain plat
plonger dans sa chaise : s’endormir
plonne : plein.
plumer les patates : plurer les patates
poêlonne ou poêlle : poêle à frire
pointe : piqûre
pôme : ballon
pômer : travailler ardement sur un projet
pomme (jouer à la pomme) : jouer à la balle
pôquer : pigouiller pour savoir, interroger
poudrayer : pousser par le vent, comme de la neige
pouïne : bruit.
poultice : cataplasme
pou'oir : l'électricité
pouonne: point, pas
pourginée d'enfants : une bande d'enfants
prendre ses cliques et ses claques : prendre ses possessions
prendre son vent : respirer
prendre une turn : faire une attaque de coeur
printemps tchu vonne : printemps qui vient
prom-pron : promenade
puenteur : senteur
qu’ri : quérir, chercher
quarry : carrière d’une mine
quartché : quartier
quasiment : presque
queler, quelont : coller, collont
querver : mourir, crever
quevelle : la mère d’un poulain
qu'ri : quérir, aller chercher
r’leuve : relève
rabâter : essayer avec force
raboteux : cahoteux
radeurser : changer pour le mieux
radou (se donner du radou) : se donner d'la misère
ragnâser : murmurer
ragouillasse : de très peu d’importance
ragouiller : rincer
raguerner : trouver et mettre ensemble
raj'ver : finir, rendre au bout de ses forces
ramâchailles : bruits exprimés qui sont difficiles à comprendre
ramâsse, donner une ramâsse : disputer
rambris : mur
ramsaquer : briser
rance : moisissure
râpage : sorte de râpure, mêt des acadiens
rapistoller : raccomoder de façon grossière
ratafiâ : ensemble d’objets de peu de valeur
râteau d’l’échine : épine dorsale
raveuston : petite chanson
ravigotter : guérir
ravoder : se promener
réchauffoué : le haut du poêle dont la porte se ouvrait pour y mettre des choses à l'intérieur
réciplices : purons
réel’ : réellement
refouler (ain doigt) : repousser au point que ça fait mal
reler : rouler
renflée : gonflée
renions : les reins, les rognons
rentrayer : tricoter le pied d’un bas qui a déjà servi
rêqueute : vacarme, du mot anglais (racket)
Resselight : Témoin de Jéhova
retés, cretés (cheveux) : curlés mais très court
retondir : rebondir
réveinedeur : véranda
revirer sur ses talons : s'en aller ou renvoyer quelqu'un
rhumatiques ou rhoumatises : arthrite
ribouleux : qui a des bosses
ric rac : pas beaucoup
ridelles : bords sur un shorti
Rigouêche : endroit dans le Parc National à Cheticamp
rinque ou yinque : seulement
rionne : rien
roguer : arracher, voler
ronde de cookie’ : un plat de biscuits
ronner : diriger, sous la direction de
roupi au nez : l’eau qui coule du nez
r'tchulon : reculon
rumpusse : beaucoup de bruit et d’activités
s’rein (serein) : humidité dans l’air à la tombée du jour
saganné : en mauvaise condition
sagant : en désordre sur soi-même
saguée, (une porte qui sague) : tombée plus bas qu'elle devrait être
sailit (sailer) : du mot englais “sail”, naviguer
s'amariner : s'ajuster à la température de l’eau
sa'oir, du sa'oir : de l'éducation
s'apimper : se mettre faraud
s'apiquer: se donner de l'élan
saponne : sapin
saquer : dégager, congédier
savages : sauvages
savannes ou mêmetchais : marécages
savattes : souliers
scarabow : violente dispute
screen : moustiquaire
se faire arranger la tête : se faire coiffer
se faire du jour au lendemain : se faire très vite
se laisser érlingué : se laisser gagner
se larguer : se faire glisser
se lever haute heure : se lever tard
se radeurser : se corriger
se sentir flâtre : ne pas se sentir bien
semon : du mot anglais summon
semon : saumon
sentir l’andjille sous la roche : se dit quand une femme est enceinte
séyont : soient
s'harienter : se préparer, s’habiller
shéquait (shéquer) : de l’anglais (to shake), trembler
shorti : boîte pour une charrette
si fait : bien oui
simégré : cérémonie
siné : signé
slaquer : ralentir
slinguer : frapper
sodjére : boîte à lunch
soigner des enfants : prendre soin des enfants
sonde : stéthoscope
sorcière de vent : brise de vent
sormant : sûrement
sortir avec torton et torteau : sortir n'importe qui
soubertchet : soubriquet
souèfe : soif
souliers de maison : pantouffles
soum’nir : souvenir
soupe à toutes sortes de choses : soupe aux légumes
souper des rices : bon souper
soutchenant : qui soutient
soutchinde : soutenir
soute : habit
soutte (suit) : habit
spats : parties d'une chaussure (en feutre) qui se porte sur la cheville et qui s'attache avec deux ou trois boutons sur le côté
split : grand manteau avec une ouverture en arrière
stéchune (du mot anglais station) : poste de radio ou de télévision ou de train
sticline : embarras
stime : steamboat
stylish : qui aime les grandeurs
su' la gône : occupé
su’ : sud
su’ : sur
subler : siffler
suête : gros vent du sud-est
suquerier : sucrier
su’ la gône : être très occupé
la drive : amener les billots dans les lacs jusqu'au moulin
la mère : le placenta
la 'monia : la pneumonie
laisse peter le r'nard : laisse faire, inquiète-toi pas
Lampe de stime : lampe de steamboat
laponne : lapin
Larigune : petites chaussures faites en cuire tanné
latonne : latin
lâvoué : planche à laver le linge
le pesant : un cauchemarre.
le pou'oir : l'électricité
lébeul : étiquette sur quelque chose ( du mot anglais label)
lentes : oeufs de poux
les Chantres : la chorale de l'église
les Mines : Sydney Mines
lever les pattes : mourir
libêche : grande femme
licriche : licorice
litcheur : liqueur
locté ou délocté : barré ou débarré
logis : demeure, maison
long comme sept manches de hache : personne très haute
longi : lent
longi comme de la mélasse en hiver : très lent
lotchet : loquet.
lotte (ain) : beaucoup
louonne : loin
louter ou vouter : ôter
lumelle : lame
machcoui : écorce d'un arbre
maganné : en mauvais état
maigrir à vue d'oeil : on s'aperçoit qu'il perd du poid
maladie crachante ou consomption : genre de tuberculose
malaisé à haquer : dur à accepter
malcadâvre, malcadâcre : faible de santé
mamme : maman
manger à ventre déboutounné : être gourmand
manigots : petits morceaux de laine brochés qu’on porte aux poignets
marabou : mécontent
marchepied : perron
marloune : chaussures en peau de bête, utilisées avec des raquettes
marottes : bosses
mâroune : gênée
marquer son âge : montrer son âge par son apparence
mâssette : jeune, pas rendu à l'âge adulte encore
matcher : aller bien avec
matinal : se lever de bonne heure
mattrasse : matelas
médalles : médailles
mégaillére : ouverture sur le côté d'une robe
mèlange : mélange
mêmetchais : marécages
mequoux : moqueur
mêt étouffé : mêt cuit avec de l'eau et des assaisonnements.
métché : moitié ou métier
mettre de l'argent d'ain bord : se sauver de l'argent
mettre la puce à l'oreille : avertir
mettre le bon sens c'qu'il est : se faire de la raison
mettre le haut là : insister
meusse : veau
meut’lons : bosses
meutlé : mêlé
meutlé, (du linge meutlé) : plein de duvet
micanique : machine à coudre
miroué ou mirouwé : mirroir
mitan : milieu
m'nu : venu
moêllement : beaucoup
moitché : moitié
moïyac : imbécile
monnes : mains
montains : montagnes
morue en cabane : comme cuite aux cabanes de pêcheurs
mouchoué : mouchoir
mulâtre : quelqu’un qui a la peau foncée comme un Indien
mutt à rire : rire incontrôlable
na' : non
naulet : biscuit, bonhomme gingembre
navau ou chou-rave : navet
n'avoir pas ain oeil de mal : n'avoir pas mal du tout
négoce : vie de débauche
n'être pas bien d'la tête : un peu mental
n'être pas les chars : n'avoir pas trop de valeur
neu' : nouveau
néyer : frissonner
niques : nids
nombrie ou l'embourrie : nombril
nonglés : gelés
nôque : noeud
nouasses : gros morceaux de bois, avec des noeuds
oeil de mal (pas un) : pas mal du tout
oeils de bouc : pattes sous le soleil
'oile : voile
'oir si quoi : bien sûr
'ois : vois
'oisins : voisins
oisonnes : voisins
or'gnées : araignées
orniers : araignées
otchupé : occupé
oubliettes : oublies
ouêtrer : prendre un somme
ouintrer : se coucher pour un peu de temps
ouvrage de maison : le travail dans la maison
'oyâge : voyage ou une cargaison
gabâreux : un qui traîne les chemins
gabarrie : chose qui encombre
gadeller : blasphèmer
gadelles : jurements
gaffer : attraper
galère : prison
gargoton : gosier
gârlaise : mesquine
garrocher : tirer
gâzette : journal
giganne : l'estomac
gilet : manteau
glas : cloches d'église
gôbiller : marcher comme une personne ivre
godiller : marcher avec jambes tremblantes
gornier ou guernier : grenier
goule : bouche
gournée de vent : une brise de vent très forte
gousses ou cosses : fêverolles
grabots de neige : flocons de neige
grâller la couanne : se chauffer près du poêle
grand bidet : grand fainéant
grand lingard : grand fainéant
grand monde : adulte
gras à lard : grassette
gribouiller : gâter
grich’-pette : de mauvais humeur
grogué : enivré
grosse opération : hystérectomie
grous, grousse : gros, grosse
guenilles : linges à nettoyer ou vieux habits
guenion : linge à nettoyer
guère : regarde
guerziller : trembler, donner des frissons
guesse : façon pour un homme à se peigner sur le côté
gwâna : engrais
gwémond : alques marines
habillé jusque dans les dents : être bien habillé
hache à la merue : patates fricassées avec de la morue
h'ai : j'ai
haler ses cans : se dépêcher
hamais : jamais
happe : jappe, parle fort
haquer : endurer
hardes : linge, vêtements
hardi : qui n'a pas peur de rien
harésies : hérésies, des histoires de grand-mère
hariâ : embarras
hartchéres : élastiques pour tenir des bas
hatchette : manteau
hatchiner : travailler fort sur quelque chose
hâvrer : arriver
hâyons : habits réduits en guenilles
hétérectomie : hystérectomie
heu've vas : je vais
hivarner : passer l’hiver
hives : maladie de chevaux
hoffleux : amant
hour : jour
hournée : journée
housse : maison
hument : jument, femelle du cheval
huste : juste
icette ou icitte : ici
il a du naturel : il tient des bonnes relations avec sa famille
il en n'a pas une demi-can : il n'est pas en bonne santé
il est mangeable : il est de toute beauté
il faut que je prenne sur moi : il faut que je m'encourage
il l'a paré bel : il a échappé à une malchance
il n'a pas l'air sur son assiette : il n'est pas de bonne humeur
il n'y en a pas à force : pas beaucoup
il n'y en a pas en plein : pas beaucoup
il n'y en a point les cars : il y en a pas beaucoup
il y en a en beauté : il y en a beaucoup
inflammentions : inflammations
inscrabe : chétif, très actif
itou : aussi, également
j’chai : je sais
j’chavais : je savais
j’uille : cheville
jambu : qui a des grandes jambes
j'avais dessein : j'avais l’intention
j'chai : je sais
j'chus : je suis.
jeliment : beaucoup
jequeter (dentier ou soulier) : le dentier ou les pieds bougent parce que la bouche ou les souliers sont trop grands
Johny à Marc : bottes en caoutchou
joual ou j'val : cheval
jouer à la pomme : jouer à la balle
journals : journeaux
j'vals : chevaux
j'veux de naissance : cheveux frisés dès la naissance
j'weux ou j'veux : cheveux
kèque : gâteau
kice : signe de la main
kiss-curls : façon de tourner les cheveux en curles
d’monne : demain
dampis ou depis : depuis
débauche : journée de vent et les pêcheurs ne vont pas à la pêche
débouler : tomber
dédjiser : déguiser
défrutch'ter : défricher
dégarpiller : s’en aller à toute vitesse
dégonder : se sauver en grande vitesse
dégringoler : partir à toute vitesse
dégrucher : faire descendre
déguerpir : se sauver en grande vitesse
dekse : pupitre
dépenser mer et monde : gaspiller
dergret : du regret
désébler : rendre inpuissant (to disable)
déterrer sa mère : ressembler à sa mère
deurbu : rude
deuvers : contraire
dévaler : descendre
dézares : desserts
dgeule : bouche
direction : recette
ditchet : petite chambre de débarras
djarte : alerte
djâte (pas l'djâte) : pas beaucoup
djâte : diable
djâte de mieux : guère meilleur
djêpes : guêpes
djére : guère
djerre : guerre
djett’ra : attendra
djeu : Dieu
djindeau : cabestan
docteur : médecin
dollé-up : bien habillé
donner une ramasse : disputer
dorsoué : armoire à vaisselle
douêté : habile
douillette : se fait peur facilement
dounner une try : essayer
dragées : bonbons
drâiller : dessiner
drapeaux : couches
drâses : sous-vêtements de femmes
drès : aussitôt
drive : (prononcé en anglais), la descente de billots dans les lacs et les rivières
drouette : droite
drudge : du mot anglais « dredge », machine à creuser un chenal
du lon : près
du ron : près de
dumet: duvet
dur au mal : qui peut endurer beaucoup de douleurs
d'valer ou dévaler : descendre
d'vant d'porte : gazon
d'vanteau : tablier
éballé : tout brisé
ébaroui : avoir très soif
échalots (ridelles) : pieux pour contenir un chargement
échancrée (une robe) : ouverte en avant, décolletée
écharpe : écharde de bois qui se glisse sous la peau
échev'lé : les cheveux en désordre
écopeaux : petits morceaux de bois
écrapoutir : écraser
éfaisures (défaisures) : d'la laine provenant de vieux chandails et réduite en petits morceaux pour bourrer des oreillers
effouairé : applati
égail : rosée
égermouner : enlever les germons sur les patates
égouine : petite scie à main
élan : bout de temps
éleuve : enfant élevé par une autre famille
élinguer : jeter par terre
éloize : éclaire
émarmellée (être) : avoir mal partout
embelzir : devenir plus belle
emborver : imbiber
embourbé : pris, pas capable de s'en sortir
embourrie : nombril
émoyer (s’) : s’informer
empléyer : dépenser
emprès (l'hiver d'emprès) : après
en mettre (t'en mets) : exagérer, tu exagères
en venir à bout : réussir
encens : gomme
enfarger : entremêler dans quelque chose
engruchée : perchée en l’air
enrayer : prévoir
enroué : enrhumé
entchômeux : un qui tire des mauvais sorts
enteurtchinde : entretenir
entourage : mur
envarguer son capot : mettre son manteau
envigné : creux dans ça qu'on croit
épârit, épârer : étendre
épivarder : se faire belle avec poudre, rouge à lèvre, etc
ergriché : les cheveux en l'air, par-ci par-là
escalette : squelette
escârer dans la place : tomber sur le plancher
escoupe : soucoupe
escousse : courte durée de temps
escrampe : affligé
eseau : oiseau
espelle : un bout de temps
essapée : baissée
estécrable : inscrable, intrépide
estoumâ’ : buste
estoumaquée : se sentir malade dans l’estomac
étanche : à l’épreuve de l’eau
étchipelant : cela se compare à
étchureau : écureuil
être chaud : être enragé
être dans mes souliers : être à ma place
être dans son plein : être content
être en balan : ne pas savoir quoi faire
être en bière : être enivré
être en état de grâces : en bonne relation avec Dieu
être mourant (être comique) : être comique à en faire mourir
être partie pour : être enceinte
être rosse : n'avoir plus faim
être struck sur quelqu'un : être en amour avec
être vendu : être surpris, boulversé
évargondé : effronté
éventer : sentir
éyoù ou yoùsque : où
failli : mauvais, pas bon
faire beau du haut du ciel : le temps est clair
faire de la beude : engraisser
faire de la blague : exagérer, grossir les histoires
faire de quoi de tchurieux : réussir dans la vie
faire dur : ne pas faire de bon sens
fait er’gricher sa robe : fait lever
fantaq'se : vaniteux
faraud : vaniteux
farbanât : pli fait pour raccourcir un vêtement trop long
farineuses (patates…) : après que les patates sont cuites, elles se défont facilement et la pelure s'enlève presque toute seule
fatique : fatigue
fayots : fèves
feller (anglais) : amoureux
féniant : paresseux
ferdillouse ou frillouse : avoir froid
feurdoches : brousailles
feurter : fouiller
feusser : frapper
fi fin fond : aussi loin que possible
filer : du mot anglais feel, se sentir
fiolles : menteries
fireteam : brigade de feu
flagossant : grouillant, répugnant
flâller : frapper
flambant : tout à fait
fleau (battre au) : battre la paille ou les fèves pour enlever la coquille
flomber : voler, tromper
Flu : cheminée
fonne : faim
fonne : fin
forbir : laver le plancher
fordeuches : petits arbustes
Formage : fromage
formilles : fournies
forneau : four
fouairouse : qui pleure facilement
fouilleux : mal autour des ongles
fouings : envies incontrôlées
fouonne : foin
fourneau : four
fournée : ça que le four peut tenir
fourniture : meubles
frette : froid
frigouiller : faire quelque chose
frigousser : faire quelque chose de banal
fringalle : grosse faim
fringer : courir
frousse : peur mortelle
‘oir : voir ou donc, comme « conte-moi donc »
à brasse-corps : autour du corps, à la ceinture
à double mitraille : beaucoup
à jeuve (j'avons…) : nous venons de
à la dés-à-main : hors de la portée de la main
à la fleur de l’âge : très jeune
à liège (camion qui retourne à liège) : qui retourne vide
à plu-don, à pri-donc : si seulement
à poil : à cheval
à r'neu' : de nouveau
à tantôt : quelque temps passé (au lieu de : tout à l’heure)
a’oine : avoine
abimer : briser
aboute : fatigué
abrique : abri
accro’ : déchirure dans un vêtement
achiné : attaché à une personne à cause qu'on l'aime
adjuille : aiguille
affargeant : embarrassant
affront : offense
aïder :aider
aidjuille : aiguille
ain : un
ain hotchet : un bout de temps
ain lotte : beaucoup
ain p'tit filabe : presque
ajeuter ou aj'ter : acheter
ajouteux : se moquer des autres
alan (un petit alan) : de courte durée
aller sur une « go » : prendre une sortie
alouer : permettre
amâneusse : parlement avec gestes des mains
amariner : mettre en conserves
amariner : se mouiller en embarquant dans l’eau
amaritchonnes : américains
amingler : faire soumettre
amitché : amitié
amounetter : enjôler, attirer
amourâcher : tomber en amour avec
ampoule : poule d'eau
Anguelterre : Angleterre
anticri : faux Dieu
ao’ (d) : août, le mois d’août
aoindre : sortir
aoindre : sortir
apimpé : maquillé et bien habillé
appent : addition à une grange
appointir : éguiser
'apport : rapport
arbours : à rebours
arganneau : genre d'anneau attaché à une porte
aroplane : avion
arr : air
arracher la parole : enpêcher de parler
arrêter de ses frais : arrêter de soi-même
arrêtes : os de poisson
arrime (ç'a pas d'arrime) : ça ne fait pas de bon sens
arrime : allure, bon sens
arriver à la grand’ race : arriver très vite
arriver comme un j'veux su' la soupe : arriver sans s'annoncer
arrumer : arranger, réparer
assire : asseoir
asteur : à cette heure, maintenant
atcheurant : écoeurant
atchuser : accuser
attirail : chose
au dur : constipé
au ras : près
aussite : aussi
autchain : aucun
av’nant : plaisant
avancer su’ la lune d’ain pette : être lent
avisse : vis
avoir des p'tites oreilles : écouter en cachette
avoir des vents : avoir des reflexes gazeux
avoir dessein : avoir l'intention
avoir d'la tête : être intelligent
avoir du champ à courir : avoir du chemin à faire
avoir du pain sur la planche : avoir un tas de choses à faire
avoir du reste (ils ont ban du reste à rester) : ils pourraient
avoir la guerlu : ne pas se sentir bien
avoir le tchoeur : oser
avoir les p'tites bêtes aux doigts : avoir froid aux mains
avoir un bouchon dans la gorge
avoir un coup dans l'oeil : en avoir bu
avoir une tête sur les épaules : être intelligent
babines : lèvres
badgeuler : disputer
bagouler : parler, converser
bailler ou bayer : donner
balaffe : coupure
balance (une) : instrument pour prendre le poids
balusse : balustrade
baranquer : conter des histoires
bardotter, bardoser ou bardôcher : mettre des bardeaux
barganne : du mot anglais « bargain »
barrer la goule (ça me barre la goule…) : ça m'enpêche de parler
bassonne : bassin
bastrique : grosse machine pour travailler sur les chemins
bavasser : disputer
bayer ou bailler : donner
bazannée(d’la bazanne) : taches de rousseur
bedeau : un qui travaille à l'église
bénaise : fier, content
besounne : besogne
besouonne : besoin
bessounne : jumelle
betchilles : béquilles
bétôt : bientôt
beudjaits : contenants
beulvets : bleuets
beuq’se : du mot anglais « box »
beurdasser : gaspiller
beurdasser : gaspiller son temps ou son argent
beurgot : klaxon
beurlocser : embêter
beurtelles : bretelles
beurvecherie : boire à l'excès
beuxe : du mot anglais box, une boîte pour une charrette
beuzoune : business, besogne
bibi : bébé
bidoux (coûter des bidoux) : très cher
billes (billes de dix) : monnaie en papier
billette : habillette, travail qu’on est fier de faire
biqu’lé : fixé
blague (d'la blague) : des mentries
blêmezir : devenir blême
boire comme une tanche : boire beaucoup
bôle : tasse
bollée : tasse
bône : engrais
botter : frapper
bottes : bateaux
boucanne : fumée
bouchure : clôture
bouci-boula : tout est mêlé
bouderier ou gouémon : alque marine
bougrer : mettre
bougresse : enfant détestable
bouquer : bouder
bourasse : quand le vent pousse la neige et qu'on ne voit pas devant soi
bournes : cages à homards
boute à lits : chambre à lits
boutons de prusse ou beurlicocos : cônes d'épinette
brâiller : pleurer
braquer : commencer
brijtée : un peu
brisants : vagues
brosse, (être sur une brosse) : boire constamment pour des semaines à la fois
brothcloth : du mot anglais « broadcloth », genre de tissu
brouillant : agité
brumement : cri très fort
butonne : linge, chose ou matériel de construction
c’est pas ç’n’a ‘té : c’est pas comme c’était
ça boucane sous les beurtelles : la personne est fâchée
ça lui adoune : ça lui va
ça peut s'app'ler : c'est sûr
ça sent l'andjille sous la roche : signe qu'elle est enceinte
caboroua : voiture à cheval
cache de lettre : enveloppe
caller : téléphoner
camp (prononcé anglais) : chalet
campe : chalet rudimentaire
canal : fossé
canitchuls : caniculs, saison d'été pendant laquelle l'eau est malsaine
canneçons : sous-vêtements d'homme
capot : manteau
caquiches : dents d'enfants
carape (en) : ivre
cargué : installé confortablement
caripousse : calotte attachée à un manteau (hood)
cartchuler : calculer
çartonne : certain
casseau : petit contenant
casser un cent en deux : épargner à l'excès pour sauver
cassevelle : facile à casser
catonne ou catin : poupée
caveau : trou creusé dans une petite butte pour garder des légumes
cayutte : maison en désorfre et parfois pauvre
c'est ain beau jeu : c'est un plaisir
c'est pas les chars : ça n'a pas trop de valeur ou d'importance
ch’nal : passage pour la navigation
ch’nèves : petits fruits
chacoter : tailler un morceau de bois avec un couteau
chaffraille : va-et-vient
chamailler : se disputer
change de dessous : sous-vêtement d'homme
changetter : changer souvent d'une chose à l'autre
chantant-meurant : Happy go lucky
chanter un catéchime : disputer
chaquelat : chocolat
charougne : charogne, corps de bête morte
chârrier : emporter
châssis : fenêtres
châssis-doubles : doubles-fenêtres
chat d'adjuille : trou d'une aiguille
chaud coumme la botte : ivre
chaux (d'la chaux) : poudre blanche mêlée avec de l'eau pour faire de la peinture
chaviré d'la tête : malade mental
chavirer : renverser
chavirer : tomber à la renverse
chebâyer : chasser
checher : sécher
chesser : sécher
chevreux : chevreuil
cheyére : chaudière
chiârre : ragoût de patates
chicaben : petit fruit qui ressemblait à une patate
chier dans l’nique : mourir
chioué ou chiwé : toilette dehors ou toilette d’empremier
ch'monne : chemin
cholèra, corps changé ou court de ventre : diarrhée
chôme : fet (de ciboulettes)
chou-rave : navet
chousse : reste d’un tronc d’arbre
chu nous ou che nous : chez nous
çi fa’ : bien sûr
ciboulettes : oignon vert
cimetchiére : cimetière
cirouanne : sparadrap médicinal
clayon : petite barrière à l'intérieur d'une clôture
click d'enfants : beaucoup d'enfants
clique : bande
closette : toilette dehors
cobin : combien
coco : la tête
cocorlique : individu bizarre
coffre : cercueil
companie : compagnie
comptois : comptoir
cône : cornet
contchonne : continue
corderon : moulure
'cordine : accordéon.
corniche : petite étagère
corps : blouse
corvé : crevé
cosses : haricots
cotchille : coquille
cotchiner : tricher aux cartes
cotte : jupe ou sous-vêtement de femmes
coucouguèche : hibou
cougner des pitchets : s'endormir
couillon : trompeur
couline : un endroit de reste à laver sur le plancher
couper la brume avec un couteau : quand la brume est épaisse
courir la pourtantaine : courir les chemins
couvarture : toit
crachat : salive
crachouére : bol placé par terre pour que les vieux crachent dedans
crâlée d'enfants : bande d'enfants.
créqueurs : petites galettes
creucheter par le mal : pris par le mal
crichemanaire : bruit
crier : pleurer
cruchon : bocal
c'teuzes : celles
c'teuzes-là : celles-là
cul-târ : goudron
cuppée : tasseet L'historique de l'entreprise familale U.J. Robichaud et Fils Ltée
également disponible en anglais - also available in English
Extrait du livre "L'arrivée des Robichaud en Acadie et L'historique de l'entreprise familale U.J. Robichaud et Fils Ltée"
Deuxième partie
Chapitre 1- Jean-Pierre, le fondateur du moulin
Longeant les côtes pittoresques de la Baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse, se trouvent le village de Meteghan et celui du Centre-de-Meteghan. C’est dans ces villages qu’ont oeuvré les fameux Robichaud, ancêtres de tous les Robichaud de Clare.
Si l’année 1867 a été marquée par la création de notre pays, le Canada, cette même année a aussi vu la naissance d’une entreprise qui porte aujourd’hui le nom de U.J. Robichaud et Fils Ltée. Cette industrie de bois, de moulin et de charpente fut fondée par ce grand renommé, Jean-Pierre Robichaud. Celui-ci, né à Meteghan le 26 juin 1831, fils de François Robichaud et de Monique Melanson, ne faisait que continuer le travail que ses ancêtres avaient fait en tant que fondateurs du village de Meteghan en 1785.
En 1867, Jean-Pierre (John P. Robicheau) avait déjà établi sa ferme et son moulin à scier du côté du bois au Centre-de-Meteghan. Le Lowell’s Canadian Dominion Directory de 1871 le place tout de même, avec biens d’autres, comme un fermier. Au Régistre de Ventes à Weymouth, j’ai trouvé les copies qui nous indiquent que Jean-Pierre avait acheté sa terre et sa maison en 1855 d’un monsieur Gabriel Melanson. Comme vous pouvez le constater sur la carte ci-incluse, les terres appartenant à Jean-Pierre s’enlignaient avec celles de Rosalie Muff, soeur de Gabriel Melanson.
pour conserver notre langue et notre culture acadienne, volume 2
En vente ici...
Extrait du livre "100 Petites Histoires du Passé, pour conserver notre langue et notre culture acadienne, volume 2"
Ch 17 Les coffres de mort
Cazimir : I’timbe tcheuques grabots d’neige. J’esparance qu’i’ f’ra pas trop laid bétôt pour aller veiller la vieille Françoise à p’tit Jean. Les enfants, z-eux, i’ y avont ‘té à la recess dire tcheutes "Notre Pére", avec la Soeur Marie-Olive des Anges. Alle a eu beau dans son temps, c’te vieille Françoise-là. My God, quand qu’a’ pouvait s’déhâler su’ " Pig and Whistle ", a’ manquait point sa chance. Alle avait l’djâble au corps, coumme qu’i’ disont.
Zabeth : Parle pas d’la vieille Françoise de même, Cazimir. On devrait pas parler des morts après qu’i’ sont morts.
Cazimir : Naon, parce qu’alle est p’t-être point morte. Tu prendras coumme la femme à Jean-Pierre Robichaud, yelle, i’ disont qu’il’ l’avont gardée 18 jours su’ son sueur. Il’ étiont point sûrs si alle était morte ou point.
Zabeth : Tchi c’qui t’a conté ain histoire d’la pareille ? Si alle était morte, pourquoi c’qu’il’ l’entarriont pas ?
Cazimir : Bin, as-tu hamais a’tendu c’t’histoire-là avant ? C’te Marguerite-icitte était dans tcheuque sorte de coma pis il’ la gardirent ain grand bout d’temps dans la chambre la plusse frette du logis. C’est supposé que l’restant d’la famille voulait pas farre m’nir le docteur à la maison parce que lui, c’était ain Protestant.
Zabeth : Ça me r’ssemble que ça yeu’ z-avait pris longtemps à s’décider si alle était vraiment morte.
Cazimir : Bin, les Soeurs du couvent veniont avec ain miroué pis quand qu’i’ y mettiont d’vant la face, ça faisait coumme d’la sueur su’ l’miroué. Le miroué v’nait toute ersuagé pis là, i’ disiont qu’y avait encore ain p’tit brin d’vie dans yelle.
Zabeth : J’te gagerai qu’c’était à cause qu’il’ emportiont c’te miroué-là au frette, c’te suagerie-là. Il’ avont-i’ fini par l’entarrer c’te pauvre femme-là ?
Cazimir : Bin ouai, après 18 hours, le prêtre la prononçit morte pis là, i’ la mirent dans ain coffre qu’était fabriqué au moulonne à Élisée.
Zabeth : Ah ouai, h’ai a’tendu dire que su’ Élisée faisiont des coffres de morts, longtemps passé. Pis c’ti-là qu’avait sarvi pour Marguerite, ça fut l’darnier.
Cazimir : C’est huste çâ. Pis il’ l’avont sauvé, c’te coffre-là. Il’ est en tcheutes parts dans l’fet du moulonne. ‘Ois-tu, Marguerite avait ‘té mis dans c’te coffre-là pis son gâ’ Jean s’en m’nit des États pis i’ trouvait pas que çâ c’était bon assez pour sa mére. Ça fait, i’ furent en aj’ter ain autre à Meteghan, plusse cher et rembourré avec d’la belle soie.
Zabeth : J’peux m’imaginer que l’monde a’rait arrêté d’aj’ter les coffres à su’ Élisée s’i’ pouviont en a’oir des plus beaux de Meteghan. I’ voulont tourjou’ çâ qu’y a de meilleur. Tcheue sorte de coffre que Françoise va bin a’oir, yelle ? C’est pas la plusse riche du village.
Cazimir : Le temps qu’tu t’greyes, j’vas aller m’qu’ri tcheuques morceaux d’allumettes pour coummencer mon feu d’main matonne. Ça m’chagrine de grouiller la chatte. Alle est assez bien nigée dans la boîte à bois.
Zabeth : Oblie point d’sorti’ ta grosse gobarge salée. Faut qu’t’enmeunes çâ au bois d’main pour les loggueux. C’tés corps-là, ça peut manger.
NOTEZ : Cette histoire a été choisie parce qu'elle se rapporte à la famille Robichaud. Marguerite, la femme de Jean-Pierre, a vraiment été mise dans un cercueil et plutard transférée dans un "coffre de mort" de meilleure qualité. Le premier cercueil en question a été préservé depuis 1912 et vous pouvez encore la voir aujourd'hui chez U.J. Robichaud.
pour conserver notre langue et notre culture acadienne, volume 1
également disponible en anglais - also available in English
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Extrait du livre "100 Petites Histoires du Passé, pour conserver notre langue et notre culture acadienne, volume 1"
Ch. 27 Le voleur de mélasse
Cazimir : Zabeth, as-tu su la darniére nouvelle? Ou j'devrais dire, la plusse neuve?
Zabeth : Moi, ej'traîne point dans les ch'monnes coumme toi pis ej'chai point tout c'qu'i' s'passe dans l'woisinage. Les nouvelles que j'chai sont toutes pas mal vieilles. Vous autres, vous pouvez flâner et tchinde à la shoppe su' Élisée à Jean-Pierre. Y en a qui sont là à tous les jours que l'bon Djeu ameune, à radoter et à parler des autres. C'tés gossipeux-là allont yuser l'banc qu'i' s'assisont d'ssus. I' dounont point chance à la poussiére à s'ramasser su' c'te banc-là bin sûr. Bin, vas-tu m'dire quoi c'que t'as su?
Cazimir : Bin, j'djettais que t'en finissis avec tes lamentâtions. Ouai, bin c'est Élisée lui-même qui contait qu'depis ain boute d'temps, i' s'méfiait qu'y avait tcheut-zonne qui y velait d'la m’lasse. À tous les lundi matonnes, i' s'aparcevait qu'son baril d'm'lasse avait baissé.
Zabeth : I' s'aparcevait qu'sa m'lasse baissait? Pis quoi c'qu'il a fait à l'égard de çâ?
Cazimir : Bin, la nuit passée, i' s'a caché sous son comptoué pis i' djettait pour le voleur. Coumme de faite, vers les mainuits, le voleur a r'soudu. I' l'a laissé prendre d'la m'lasse à sa fontaisie pis là, i' y a dounné ain coup d'pitchet su' la tête. Il a manqué d'l'assoumer.
Zabeth : Ah mon Djeu, quoi c'qu'il a fait ensuite?
Cazimir : Élisée était gréyé pour le voleur. Il avait ain câble pis i' l'a amarré coumme i' faut, les monnes et les pieds, pis là, il a 'té réveiller les woisins pour d'l'aïde. D'ain clin d'oeil, il' aviont l'voleur dans une charrette à boeu' pis i' t'avont amené çâ su' les cops.
Zabeth : Quoi c'que les cops faisont d'ain cas d'même?
Cazimir : I' l'avont j'té en prison. C'est çâ qu'il' avont fait, j’té dans la prison au P'tit-Russeau. Pour combin longtemps? J'en ai autchune idée…
Zabeth : Bin 'ois-tu, les lois sont sévares. Élisée, c'est ain houmme de bon tchoeur. À la place de veler, si c'te moïyac-là y avait d'mandé pour d'la m'lasse, ej'chus sûre qu’Élisée y en a'rait dounnée. Tu prends point l'butonne de l'autre sans sa parmission, ni en cachette non plus.
Cazimir : Élisée à Jean-Pierre, il a une famille à él'ver, pis des comptes à payer. I' peut point tout l'temps dounner son butonne pour rionne.
Zabeth : Bin c'était toute qu'une nouvelle que t'avais à matonne. V'-tu a'tendre la mienne asteur? Zabine est pleine pis a' veut s'marier avec ain gâ' du Cap-Berton, là.
Cazimir : Bin Zabeth, ç'arrive dans les meilleures familles. H'en r'parl'rons. Laisse-moi dormi' dessus d'soir. I' disont qu'la nuit porte conseil.
NOTEZ : On a cru bon mettre cette histoire car il s'agit de Élisée Robichaud lui-même et du voleur de mélasse dans son magasin. Et oui, Élisée avait attrapé le voleur durant la nuit et l'avait présenté aux autorités les mains et les pieds liés.
pour conserver notre langue et notre culture acadienne, volume 3
Extrait du livre "100 Petites Histoires du Passé, pour conserver notre langue et notre culture acadienne, volume 3"
Ch. 7 - Le feu de 1820
Zabeth : J’chai pas si c’est vrai mais i’ disont que pour des noces, si tu veux point qu’i’ mouille le jour des noces bin la veille, tu pendrilles ton chap’let su’ la ligne à hardes. Pour le gros feu de 1820, j’cartchule qu’il’ ariont mis leu’ chap’let en tcheuques parts autres pour d’mander d’la p’uie. 1820, çâ c’est moêllement louonne dans l’passé. On croirait pouonne que parsounne sa’rait rien qu’i’ s’a passé dans c’t’ânnée-là mais c’est point vrai. Le monde en parle encore, cent trente ans après.
Cazimir : Veux-tu dire le grand feu qu’avait quasiment toute brûlé Clare ?
Zabeth : Ouai, c’est huste çâ. Le grand feu qu’avait toute brûlé, du P’tit-Russeau aux Grosses-Coques. L’histoire nous a ‘té conté de bouche en bouche jusqu’à nous autres.
Cazimir : Le Pére Dagnaud et le Pére Sigogne aviont laissé d’l’informâtion itou dans des articles qu’il’ avont écrits su’ les Acadiens.
Zabeth : Bin sûr, en 1820, y avait point temps d’habitâtions qu’asteur. C’est supposé que dix-huit familles pardirent toute. Leu’ maison, leu’ grange, leu’ jardin, toute passit au feu. Toute était brûlé rac à tarre. Dix-huit maisons et vingt-trois granges. Tcheu désastre. Y a rinque trois maisons qu’échapirent au feu : c’teule-là à Frédéric Belliveau, c’teule-là à Anselme LeBlanc et ain autre dans l’ch’monne à Patrice Thibodeau.
Cazimir : I’ paraît que c’te hournée-là, le 12 de septembre 1820, i’ ventait ain vent à décorner les boeu’. Au coummencement, i’ pensiont pas qu’y avait du danger mais là, le vent changit d’bord pis ça brûlait enragé. C’était coumme ain ouragan. Le monde courait par la côte pour se sauver.
Zabeth : Y a ain Noir, ain infirme, qui voulait pas quitter sa cabane. Lui, i’ restait au ras l’église. Là, i’ dit yoùsqu’i’ voulait être mis. Ça fait qu’i’ l’changirent d’endroit, croyant qu’i’ s’rait hors de danger. Mais malheureusement, i’ parit dans l’feu.
Cazimir : S’lon l’Pére Sigogne, y a ain p’tit enfant qui pardit la vie dans son berceau itou. Çâ, c’était vraiment triste.
Zabeth : Frédéric Belliveau, lui, le monde l’app’lait Tikine. Bin lui, sa maison fut sauvée pis i’ disont qu’c’était ain mirâcle. Il’ aviont d’la foi, c’te monde-là.
Cazimir : Les flammes touchirent point à sa maison. Mais en partant, avec sa plusse jeune enfant dans les bras, il avait fait une croix su’ sa maison en disant : « À Dieu la maison, au feu le reste. »
Zabeth : C’était ain beau geste à farre pis il avait ‘té récompensé.
Cazimir : C’est drôle qu’y avait pas eu d’mirâcle pour sauver l’église et l’prebytare. Les deux bâtisses furent englouties dans les flammes coumme le restant.
Zabeth : C’t’église-là, ça faisait pas longtemps qu’alle avait ‘té bâtie, en 1806, j’crois. Les gens d’la Pointe aviont eu leu’ premiére messe dedans en 1808. Ça fait qu’alle était encore toute neuve, c’t’église-là.
Cazimir : Pauvre Pére Sigogne, il a’rait dû d’être découragé. Menoumme, il avait tout pardu, ciboires, patènes, câlisses, toute. Pis à part de çâ, il avait manqué parir lui-même. Pour ain bout d’temps, i’ pouvait pas s’sarvir de sa main drouette. J’crois bin qu’il asséyait de sauver çâ qu’i’ pouvait pis i’ pensait pas trop à lui-même.
Vie et légende de Cy à Mateur
En vente ici...En septembre 2001, Lise Robichaud a publié son premier livre Le Diable et le cordonnier : vie et légende de Cy à Mateur. Cette œuvre ethnologique était inspirée par son mémoire intitulé Cy à Mateurx : l’homme et la légende, publié en mai 2000 dans le cadre du Bacc ès Arts en français à Acadia Université. Elle avait déjà à son crédit un article dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse ainsi que la chronique Carte Postale de la France sur Capacadie.com. En septembre 2002, la revue Feux Chalins a publié Antoinette de Québec, une saynète qu’elle a écrite entièrement en parlure acadienne. À travers ses œuvres et sa recherche, Lise espère préserver et promouvoir les légendes, les traditions orales et la langue de la Baie Sainte-Marie.
Lise-Anne Robichaud ne s’est jamais identifiée à Évangéline. Elle croit plutôt que Cy à Mateur est un héros plus représentatif du peuple acadien.
L'enquête approfondie que je mène sur sa vie depuis presque deux ans a culminé dans la publication de ma thèse "Cy à Mateur: l'homme et la légende" en mai 2000, dans le cadre du Bacc ès arts en français à l'université Acadia. Cette thèse est devenue un livre, publié aux Éditions de la Piquine intitulé Le diable et le cordonnier : vie et légende de Cy à Mateur, le seul livre dévoué à la vie et la légende de cet homme . . .
De plus, le premier livre à dévoiler un grand nombre de détails auparavant inconnus à propos de lui et à présenter une étude complète des nombreuses légendes à son sujet. Généalogie, photos rares, transcriptions en langue acadienne d'entrevues accompagnées d'un glossaire . . . sont qu'un peu de ce qui vous attend dans ce livre.
Les curieux ainsi que les passionnés de ce fameux "sorcier Acadien", Cy à Mateur, pourront en découvrir plus avec cet recherche importante. Si vous êtes rechercheurs, généalogues, historiens, ou tout simplement intrigués par cet homme mystérieux, vous allez aimer ce livre! (^_^)